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View of the Rubaya coltan mine and miners at work, 31 January 2025. Anicet Kimonyo

Anicet Kimonyo

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Freelance Multimedia journalist DRC

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Occupée par les rebelles du M23 depuis le 30 avril 2024, la mine de Rubaya, située en territoire de Masisi, demeure aujourd’hui non seulement une ressource majeure pour l’économie de guerre du M23, soutenu par le Rwanda selon différents rapports d’organisations internationales, mais également ce que certains qualifient d’« industrie de massacres » de civils dans la région.

Plusieurs familles ont perdu des proches à la suite de glissements de terrain sur le site minier de Rubaya, en territoire de Masisi.

Contrairement aux années précédentes, le phénomène semble prendre de l’ampleur ces derniers jours, une situation qui inquiète plus d’un habitant de la place.

Des exploitants, des notables ainsi que d’anciennes autorités issues des organisations du secteur minier que nous avons pu joindre estiment que l’absence de réglementation dans l’exploitation serait à l’origine de ces éboulements à répétition qui endeuillent de nombreuses familles.

Au cours du dernier semestre 2025 et des deux premiers mois de l’année 2026 seulement, plus de 1 200 creuseurs artisanaux auraient trouvé la mort et plusieurs autres seraient portés disparus dans la mine de Rubaya. Dans cette mine, le M23 et le Rwanda exploiteraient plus de 120 tonnes de coltan par mois, d’après des rapports consultés et croisés avec des sources locales. Les récents glissements de terrain remontent au 28 janvier 2026, ayant coûté la vie à plus de 400 creuseurs, et au 3 mars 2026, où l’on signale la perte de plus de 300 vies humaines.

An artisanal miner rescued from the Rubaya mining collapse in the Gasasa site, eastern DRC, on his way to hospital, 31 January 2026. Anicet Kimonyo

À en croire un ancien agent de l’État ayant requis l’anonymat, avant la chute de la cité de Rubaya entre les mains du M23, l’État congolais veillait au respect des normes régissant l’exploitation artisanale.

« Jadis, l’État était présent, représenté par la Division des mines qui veillait quotidiennement au respect des réglementations de l’exploitation artisanale. À côté de cette Division des mines, il y avait une police des mines et des hydrocarbures qui effectuait des patrouilles pour empêcher l’extraction nocturne, car exploiter la nuit abîme tout. Les artisanaux ne suivent pas les normes établies par les services du SAEMAPE, un service technique de la Division des mines, et d’autres services habilités. Cette combinaison des services étatiques et paraétatiques, avec l’accompagnement des partenaires, limitait les dégâts. Il y avait aussi un programme de dédommagement des victimes, mais pour le moment tout cela n’existe plus. L’essentiel pour le Rwanda, c’est d’augmenter le taux de production », a-t-il confié.

Avec l’avènement de la guerre, l’exploitation minière se ferait désormais dans un profond désordre. Les creuseurs artisanaux travailleraient jour et nuit, sans respect des normes, au profit du M23. De nombreux creuseurs viendraient également du Rwanda, où le taux de chômage serait élevé.

Si autrefois l’exploitation minière était réservée à une catégorie spécifique d’exploitants, ces derniers jours, presque tout le monde chercherait à devenir creuseur, qu’il s’agisse de jeunes licenciés ou d’anciens agents de l’État aujourd’hui sans emploi.

« Actuellement, l’unique source de revenus est le site minier. Aucun service de l’État ne fonctionne plus. Les anciens fonctionnaires, aujourd’hui au chômage depuis l’occupation de la zone par les rebelles, les enseignants et de nombreux jeunes se déversent dans l’exploitation artisanale, sans formation et malheureusement sans bénéficier d’aucun encadrement des services attitrés », a indiqué Monsieur Robert, nom d’emprunt. Selon lui, l’ensemble de ces facteurs serait à la base des éboulements répétés sur le site minier de Rubaya.

La mine de Rubaya, aujourd’hui surexploitée par le M23 allié au Rwanda, regorgerait d’environ 30 % des réserves mondiales de coltan. Ce périmètre minier produit également de la cassitérite, de la tourmaline et de l’or. Il a été proposé par la RDC sur la liste des actifs miniers susceptibles de faire l’objet d’une coopération économique entre Washington et Kinshasa.

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