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Gires Kasongo

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Journaliste spécialisé dans le traitement de l’actualité et la production de contenus d’information sur les questions environnementales, sanitaires, sécuritaires.

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La pression sur les forêts autour de Beni continue de s’accentuer sous l’effet de plusieurs facteurs combinés, notamment la forte demande en bois-énergie, l’exploitation du bois, l’expansion agricole et l’insécurité. C’est ce qu’a expliqué Méthode Uhoze, directeur des relations extérieures du Parc national des Virunga, lors d’un entretien accordé mardi 29 septembre 2026 à Tazama RDC.

Selon lui, la déforestation dans cette région ne peut pas être attribuée à une seule cause. Elle résulte plutôt de plusieurs pressions qui se renforcent mutuellement et qui affectent progressivement les ressources forestières.

Méthode Uhoze souligne d’abord l’importance de la demande en bois destiné à l’énergie domestique. À Beni et dans les environs, de nombreux ménages utilisent encore le charbon de bois, communément appelé « makala », ainsi que le bois de chauffage pour la cuisson.

« Cette demande exerce une forte pression sur les ressources forestières, y compris dans certaines zones protégées », explique-t-il.

À cette utilisation énergétique s’ajoute l’exploitation du bois d’œuvre. Le sciage artisanal alimente les besoins en matériaux de construction et les marchés locaux et régionaux. Toutefois, une partie de cette activité échappe encore au contrôle des services compétents, ce qui rend difficile l’évaluation exacte des volumes exploités.

L’agriculture, un autre facteur de recul des forêts

Le directeur des relations extérieures du Parc national des Virunga évoque également le rôle de l’agriculture dans la réduction des espaces forestiers. Après l’abattage des arbres, les terres sont défrichées et mises en culture. Lorsque cette pratique se répète sur de grandes superficies, la couverture forestière diminue progressivement.

La culture du cacao occupe une place particulière dans cette dynamique. Cette activité représente une source importante de revenus pour plusieurs agriculteurs, mais la recherche de nouvelles terres pour les plantations peut encourager l’ouverture de nouveaux champs, parfois à proximité des zones forestières sensibles.

Pour Méthode Uhoze, la réponse ne consiste pas seulement à limiter l’accès aux nouvelles terres agricoles. Il faut également accompagner les producteurs afin d’améliorer la productivité des espaces déjà exploités, développer l’agroforesterie et promouvoir des pratiques agricoles plus durables.

Les déplacements de populations liés aux conflits modifient l’occupation de l’espace et augmentent les besoins en terres, en bois et en autres ressources naturelles. Dans certaines zones difficiles d’accès, cette situation favorise aussi le développement d’activités illégales, notamment l’exploitation du bois dans des secteurs où la surveillance est plus compliquée.

« Les difficultés d’accès liées à l’insécurité constituent un défi important pour les équipes chargées de la conservation », indique-t-il.

Méthode Uhoze rappelle qu’un cadre légal existe pour encadrer l’exploitation forestière en République démocratique du Congo, notamment à travers le Code forestier de 2002 et les dispositions relatives à la conservation de la nature.

Sur le terrain, les équipes de conservation effectuent des patrouilles et peuvent procéder à des saisies de bois ou de charbon exploités illégalement dans les espaces protégés.

Cependant, il reconnaît que plusieurs obstacles persistent, notamment l’étendue du territoire à surveiller, l’insuffisance des moyens disponibles et la mobilité rapide des activités clandestines.

Selon lui, le contrôle ne doit pas dépendre uniquement des opérations sur le terrain. Il nécessite aussi une collaboration renforcée entre les services de l’État, les autorités locales, les communautés et les gestionnaires des espaces protégés.

Pour le responsable du Parc national des Virunga, la protection des forêts doit aller de pair avec l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines. Il propose plusieurs pistes, notamment le développement d’alternatives énergétiques afin de réduire la dépendance au charbon de bois, la promotion des foyers améliorés, le renforcement de l’agroforesterie et l’amélioration de la productivité agricole.

Le reboisement, la création d’opportunités économiques locales et l’implication des communautés dans la gestion des ressources forestières font également partie des solutions avancées.

« La protection des forêts et l’amélioration des conditions de vie des populations ne doivent pas être considérées comme deux objectifs opposés. Elles doivent être abordées ensemble », conclut Méthode Uhoze.

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