Depuis sa réélection en décembre 2023, le président Félix Tshisekedi fait face à des défis de taille, parmi lesquels la résurgence du conflit opposant le M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
La tripartite Tshisekedi-Kagame-Joao qui devrait avoir lieu ce dimanche 15 décembre 2024 en Angola dans le cadre du processus diplomatique de Luanda sur la situation sécuritaire qui prévaut dans l’Est de la RDC a été annulée, selon la Présidence de la République Démocratique du Congo.
L’annulation de cette tripartite serait causée par le refus de la délégation rwandaise de prendre part à ladite rencontre censée mettre fin aux hostilités dans l’Est de la RDC par le retrait des troupes du Rwanda des zones congolaises.
À en croire la Présidence de ́la RDC, les dirigeants congolais et angolais s’entretiennent en tête-à-tête avant d’étendre la réunion à leurs délégations respectives.
Samedi, à l’occasion d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des trois pays concernés, le Rwanda avait conditionné la signature de l’accord par l’organisation d’un dialogue direct entre la RDC et les terroristes du M23, une offre rejetée par la partie congolaise.
Depuis sa réélection en décembre 2023, le président Félix Tshisekedi fait face à des défis de taille, parmi lesquels la résurgence du conflit opposant le M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Appuyé par le Rwanda, le mouvement rebelle M23 a exacerbé l’instabilité dans l’Est du pays, provoquant des pertes des vies humaines considérables et alimentant des tensions sécuritaires et politiques dans la région.
Durant son premier mandat, Félix Tshisekedi a multiplié des initiatives pour ramener la paix dans l’Est, notamment par des processus de négociation et un déploiement accru de troupes, y compris celles de partenaires régionaux comme la SADC. Toutefois, ces efforts se sont révélés insuffisants face à la recrudescence des hostilités. Depuis sa réélection, la situation s’est encore détériorée, avec une intensification des combats, des déplacements massifs de populations, et une aggravation de la crise humanitaire.
Malgré les promesses faites lors de sa campagne électorale et ses efforts dans la restauration de la paix, le président Tshisekedi est de plus en plus critiqué pour son incapacité à résoudre durablement ce conflit.
« Nous devons nous interroger sur l’efficacité des négociations menées depuis des années, de Sun City à Nairobi, et leur impact réel sur la vie des Congolais, » déclare Dady Saleh, analyste politique
Selon lui, les processus en cours, notamment celui de Luanda, peinent à produire des résultats concrets.
« Le peuple congolais reste le grand perdant : insécurité généralisée, économie en berne, et populations déplacées. Pendant ce temps, les acteurs étrangers, qu’ils soient rwandais ou ougandais, continuent de gagner du terrain, » souligne-t-il.
La société civile partage ce constat amer. Placide Nzilamba, membre de la coordination de la société civile du Nord-Kivu, appelle à une révision stratégique.
« Les processus diplomatiques actuels ne sont que des mascarades. La RDC doit miser sur le renforcement de ses capacités militaires internes. Seule une réponse musclée permettra de reprendre le contrôle du territoire et de garantir le retour des populations déplacées dans leurs villages, » insiste-t-il.
En parallèle, des scandales de corruption et de mauvaise gestion éclaboussent l’entourage du président, sapant encore davantage sa crédibilité. Alors que le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) alerte sur une crise humanitaire sans précédent, avec plus de 2,5 millions de déplacés, l’aide disponible reste largement insuffisante.
Patrick Muyaya Katembwe, porte-parole du gouvernement, avait cependant tenté de rassurer lors d’une interview exclusive accordée à Tazamahorizon.net : « Les efforts se poursuivent à tous les niveaux. La paix dans l’Est reste une priorité du président Tshisekedi, même si cela prendra du temps. La diplomatie a son temps et peut encore en prendre plus. Du côté gouvernement, tout le monde est en alerte pour définitivement mettre fin à ce fléau d’insécurité dans l’Est de la RDC ».
Cependant, à mesure que la violence s’intensifie, les critiques s’amplifient, et beaucoup perçoivent Félix Tshisekedi comme le grand perdant de cette guerre. Restaurer la paix et la confiance du peuple qui lui a voté pour finir dignement cette guerre, sera un défi pour le président dans les mois, jours et même années à venir. toutefois, Felix Tshisekedi bénéficie encore du soutien populaire sur lequel, d’ailleurs plusieurs analystes tirent la conclusion selon cela serait le socle de sa victoire dans cette guerre dite d’agression.
Pour sortir de cette impasse, des observateurs suggèrent une approche multidimensionnelle combinant diplomatie renforcée, pression internationale sur les soutiens extérieurs du M23 et réforme en profondeur de l’appareil sécuritaire sécuritaire de la RDC. Le succès d’une telle stratégie dépendra également de la capacité du président Tshisekedi à fédérer les forces politiques nationales autour d’une vision commune.
« Il est impératif de transformer les ressources naturelles en atouts pour la paix et non en moteurs de conflits », déclare un observateur sous anonymat .
Alors que l’avenir de l’Est du pays reste incertain, la pression monte pour que des mesures concrètes et durables soient prises afin d’éviter un nouvel effondrement total de la situation sécuritaire.
Anicet Kimonyo
Ne manquez aucune information importante. Abonnez-vous à notre newsletter et recevez les dernières nouvelles, analyses et mises à jour directement dans votre boîte de réception, en temps réel.
© 2025 Tazama Horizon. Tous droits réservés.
Design Ciella Industries